GINKGO

Ginkgo biloba L.

Essence: Unité de l’image et du reflet, équilibre des polarités

Essence et signature

Signature

Depuis toujours, la feuille bilobée du ginkgo exerce une grande fascination sur l’être humain. Servant non seulement
de motif pour de nombreux bijoux et ornementations, elle est également représentée dans les arts plastiques, elle décore de précieux objets utilitaires et apparaît même dans certains logos d’entreprises. À Weimar, la ville de Goethe, nous rencontrons le célèbre poème que cet immense poète a consacré à la feuille de ginkgo sur d’innombrables objets de souvenirs à tous les coins de rue.

Une sorte d’aura exceptionnelle émane de la feuille de ginkgo dans la mesure où aucune autre feuille ne peut lui être comparée, ne serait-ce que de loin. Dans l’histoire de l’évolution, le ginkgo semble se situer entre les conifères et les feuillus, dont le développement est plus complexe. Les botanistes le qualifient de fossile vivant dans la mesure où il est issu d’une très ancienne famille de végétaux qui ont tous disparu à l’exception du ginkgo. Le ginkgo représente certainement un des symboles les plus profonds de la nature du mystère de la condition humaine. L’être humain est un être double, divisé ; issu de l’unité, il est appelé à l’unité. La séparation en deux moitiés antinomiques constitue le trait de caractère essentiel, universel, de l’être humain et de la nature, pas uniquement de celui des sexes. Tout est soumis à cette même loi de la polarité, des contraires, qui engendre aussi
bien la vie que les conflits et la mort. Cette division en deux parties antinomiques ainsi que les conflits qui en résultent possèdent une origine. La Bible évoque la consommation des fruits de l’arbre de la connaissance du bien et du mal. Il s’agit de l’allusion symbolique au fait que la séparation, la perte de l’unité des deux pôles de la vie trouve son origine dans la conscience et dans la pensée. À l’inverse, la voie de retour à l’unité est fondée sur une conscience nouvelle, nourrie des fruits de l’arbre de la vie. Pour quelle raison la feuille bilobée (du latin biloba, à deux lobes) du ginkgo nous enseigne-t‑elle justement l’essence de la séparation et de l’unité alors que de nombreux autres végétaux exprimant également le nombre deux d’une manière ou d’une autre existent par ailleurs ?

Nous trouvons la réponse dans la structure des nervures de la feuille du ginkgo. Avant de pouvoir comprendre sa particularité, nous devons nous familiariser dans un premier temps avec la structure des nervures telle qu’elle se présente habituellement. Les végétaux de la classe des monocotylédones (plantules à une feuille), plus simples du point de vue de l’évolution, possèdent des feuilles aux nervures parallèles. Les feuilles des végétaux plus évolués de la classe des dicotylédones (leurs plantules comportent deux petites feuilles) possèdent généralement une nervation ramifiée et réticulée ; nous constatons la présence d’une nervure principale au centre de la feuille à laquelle se ramifient des nervures secondaires, puis à leur tour de plus petites encore. En les observant du dessus, on peut apercevoir une image qui ressemble assez à un grand fleuve avec ses affluents les plus grands, puis les plus petits. Parfois, les nervures des feuilles possèdent également une structure nettement réticulée. La feuille du ginkgo constitue une exception notable à ce schéma de ramification strictement réticulée et bipartite. En suivant une nervure en partant de la base de la feuille vers son bord, nous n’identifions pas de ramification latérale d’une plus petite nervure à l’endroit de la séparation, mais la nervure d’origine se sépare au contraire en deux nervures d’exactement la même taille, et ainsi de suite ; cette nervation est qualifiée de dichotomique. La ramification de ses nervures affiche donc le même schéma que la représentation graphique d’un processus de décision (oui/non) sous la forme d’un diagramme en arbre. En partant de la base de la feuille de ginkgo en direction de la périphérie, nous suivons donc une voie de division en deux qui se répète (c’est-à‑dire celle de l’analyse), tandis qu’en empruntant la voie opposée, celle qui mène de la périphérie aux origines, nous suivons celle d’une union de deux éléments qui se succèdent (c’est-à‑dire celle de la synthèse).

Compte tenu de cette structure lourde de sens de la nervation de la feuille, il semble presque banal de signaler la ressemblance frappante de la périphérie de la feuille de ginkgo bilobée avec la coupe transversale des deux hémisphères cérébraux.

Essence

Tout ce qui se trouve dans la nature apparaît, est mû et disparaît par le biais de forces émanant du champ de tension de deux pôles. Cette loi de polarité, qui est manifeste, possède une validité fondamentale; on la trouve dans les contraires que sont le jour et la nuit, l’homme et la femme, la jeunesse et la vieillesse, etc. Nous oublions pourtant sans cesse d’inclure cette loi de polarité dans la pratique de notre quotidien. La plupart du temps, nous affectionnons l’un des côtés d’une chose et nous y accrochons, mais en rejetons ou en combattons l’autre. Cela entraîne une perte de dynamique et de force vitale, car celle-ci ne peut s’épanouir que dans le champ de tension des contraires, qui s’opposent d’égal à égal ou se succèdent dans le temps.

Dans notre culture, la pensée causale et analytique de l’hémisphère cérébral gauche est surestimée et encouragée, et par conséquent, la pensée analogique et synthétique de l’hémisphère cérébral droit est négligée et s’atrophie. Sur le long terme, une perte de vitalité du cerveau et une dégénérescence de ses fonctions dans leur ensemble sont de ce fait inévitables.

Avec sa feuille bilobée, qui réunit en son sein les deux pôles – le masculin et le féminin – le ginkgo symbolise l’unité et l’équilibre des polarités. Puisque c’est dans l’équilibre que la force vitale est à son paroxysme, l’arbre du ginkgo jouit d’une très grande vitalité, ce qui témoigne de ses énormes pouvoirs de résistance et de régénération, inégalés dans le règne végétal. Cette vitalité régénère la puissance du cerveau, le seul organe de notre corps à abriter les deux pôles.

Botanique

Le Ginkgo biloba L. est un arbre à feuilles caduques qui pousse lentement et atteint une hauteur de 10 à 30 m. Il peut vivre jusqu’à plus de 1000 ans. Des recherches récentes suggèrent que le Ginkgo biloba L. a des capacités particulières pour faire face aux processus de vieillissement. Ginkgo biloba L. est le seul survivant d’un genre qui n’a que peu changé depuis plus de 150 millions d’années et il est le seul représentant actuel de la famille des Ginkgoaceae. On trouve des traces d’une espèce depuis environ 65 millions d’années, dont les feuilles fossiles ne peuvent pas être distinguées de celles d’un ginkgo actuel, c’est pourquoi le Ginkgo biloba L. est souvent appelé fossile vivant. A l’origine, il était originaire d’Europe centrale, mais il a finalement disparu à cause des glaciations. Il a survécu dans certaines régions d’Asie, d’où l’homme l’a ensuite répandu dans le monde. Aujourd’hui, c’est un arbre très apprécié dans les parcs, notamment en raison de sa résistance aux maladies et à la pollution.

Le Ginkgo biloba L. se caractérise par ses feuilles en éventail coriaces, souvent disposées en bouquet sur ses pousses. Le limbe est dépourvu de nervure centrale et présente une nervure foliaire particulière : ses nervures sont parallèles et se ramifient en fourche. Après la bifurcation, elles continuent à être parallèles sans perdre de leur épaisseur. Normalement, les feuilles des plantes présentent soit une nervure parallèle pure sans bifurcation, soit une nervure réticulée dans laquelle les nervures deviennent de plus en plus petites. Son limbe est souvent profondément découpé, une ou plusieurs fois, ce qui lui a valu le surnom de “biloba”. Ses feuilles d’un vert intense virent au jaune vif en automne et nous ravissent par leur éclat avant que le Ginkgo biloba L. ne les perde. Le Ginkgo biloba L. est unisexué, c’est-à-dire qu’il existe des arbres purement mâles et des arbres purement femelles. Les fleurs apparaissent en mai et sont très discrètes, mais pour fleurir, l’arbre doit avoir atteint l’âge de 20 à 30 ans. En automne, les graines de la taille d’une mirabelle se développent sur les arbres femelles et dégagent une odeur désagréable à maturité. C’est pourquoi, en Europe centrale, on ne trouve généralement que des arbres mâles.

Utilisation

Originaire d’Asie, le ginkgo biloba L. est considéré comme une plante médicinale particulièrement bien étudiée, à laquelle on attribue des propriétés favorisant la circulation sanguine (stimulation de la microcirculation). En améliorant la circulation sanguine dans le cerveau, il est censé améliorer les performances cérébrales en cas de troubles de la mémoire, mais aussi aider à lutter contre les acouphènes et les vertiges (circulation sanguine dans l’oreille interne). Pour expliquer les effets d’augmentation de la circulation sanguine, on peut invoquer une relaxation des vaisseaux sanguins et également une amélioration de la fluidité du sang. D’autres recherches sont en cours pour déterminer dans quelle mesure le mode d’action des préparations à base de feuilles de ginkgo est dû à des effets antioxydants contre les radicaux libres. La phytothérapie se concentre sur l’utilisation du Ginkgo biloba L. pour produire des extraits spéciaux standardisés qui sont principalement utilisés pour traiter les troubles du système nerveux central et les maladies démentielles légères. Dans le cas du Ginkgo biloba L., on peut également constater que les plantes médicinales ne peuvent pas, dans la plupart des cas, être clairement attribuées à une direction thérapeutique, mais doivent être considérées de manière globale. Par exemple, le domaine d’application “maux de tête” se retrouve aussi bien dans la phytothérapie que dans l’homéopathie.

Ingrédients

Les composants typiques du Ginkgo biloba L. sont les flavonols, les flavones, les biflavones (ginkgétines), les proanthocyanidines, les sesquiterpènes (bilobalides), les diterpènes (ginkgolides), les ginkgols et les acides organiques (dont les acides ginkgoliques).

Références

  • Hänsel, R. & Steinegger, E. Hänsel / Sticher Pharmacognosie Phytopharmazie. (Wissenschaftliche Verlagsgesellschaft GmbH, Stuttgart, Allemagne, 2015).
  • Hänsel, R., Keller, K., Rimpler, H. & Schneider, G. Hagers Handbuch der pharmazeutischen Praxis Volume 5 Drogen E-O. (Springer-Verlag Berlin Heidelberg 1993, 1993).
  • Comité sur les produits médicinaux à base de plantes (HMPC). Rapport d’évaluation sur Ginkgo biloba L ., folium. EMA/HMPC/321095/2012 (2014).
  • BGA/BfArM (Commission D). Le ginkgo biloba. Bundesanzeiger 217 a, (1985).
  • Kalbermatten, R. & Kalbermatten, H. Teintures mères végétales. (AT Verlag, Aarau, Suisse, 2014).
  • Kalbermatten, R. Essence et signature des plantes médicinales. (AT Verlag, Aarau, Suisse, 2016).

Images : Ceres Heilmittel AG, Kesswil